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Argumentaire

Les recherches en SEF s’inscrivent aujourd’hui dans un paysage éducatif profondément transformé. Si la forme scolaire — telle que définie par Guy Vincent (1980 ; 1994) — demeure un cadre central d’analyse, elle ne suffit plus en l’état à saisir la diversité des pratiques éducatives contemporaines. Les diversités des pratiques enseignantes d’une part, les mutations sociales et démocratiques d’autre part, et les avancées en sociologie et en sciences de l’éducation enfin, questionnent la pertinence de ce concept dans son acception initiale (Deslyper et al., 2025). Toutefois, la forme scolaire reste malgré tout centrale dans nos processus contemporains d’apprentissage, et ce dans et en dehors de l’école, durant l’enfance comme à l’âge adulte, en adoptant différentes modalités.

Parmi elles, les éducations formelles, non‑formelles et informelles se croisent, s’hybrident et se réinventent dans des espaces multiples : école, périscolaire, associations, musées, pratiques numériques, formations professionnelles, mouvements sociaux, interactions quotidiennes, etc. À ces différents niveaux de lecture du fait éducatif (formes, modes, espaces, temporalités…) s’ajoutent également de nouvelles « éducations à », souvent liées aux questions politiques et démocratiques et écologiques, et de nouvelles « éducation par » investissant les domaines liés aux outils, notamment numériques, aux pratiques de vulgarisation en ligne ou aux modalités d’enseignement à distance.  Ces terrains, souvent étudiés séparément, gagnent à être mis en dialogue pour comprendre ce que les formes éducatives disent de nos sociétés et de leurs mutations.

Le caractère changeant des sociétés nous conduit à analyser le fait éducatif par de nouveaux prismes épistémologiques de compréhension du monde, à questionner les formes d’éducations identifiées dans le passé, et à étudier leurs évolutions dans un contexte marqué par la post‑vérité (Fabre, 2019 ; Lainé, 2025), où la confusion entre « information » et « connaissance » s’intensifie. Les espaces éducatifs — scolaires, numériques, familiaux, militants — deviennent des lieux de confrontation entre savoirs, croyances, affects et stratégies de désinformation. Si une conception pragmatiste de l’éducation au politique (Chauvigné et al., 2023 ; et Alpe et al., 2025), fondée sur l’enquête, la problématisation et la formation du jugement, apparait alors comme une réponse possible à ces mutations, nous cherchons à questionner lors de cette journée d’étude la mise en application de ces solutions dans des formes éducatives parfois mouvantes, hybrides ou nouvelles. Ces éducations scolaires, numériques, familiales, politiques, militantes, formelles, informelles, non-formelles, didactisées, vulgarisées, etc. sont tout autant de terrains que nous investissons, comprenons et analysons dans une perspective tant scientifique que citoyenne.

Face à la pluralité des sujets impliqués, les communicants pourront s’appuyer de façon non-exhaustive sur les thématiques suivantes :

 

Bibliographie indicative pour cet appel

Alpe, Y., Barthes, A., & Bonnet, S. (2025).Crise des savoirs scolaires et réponses aux défis globaux. L’Harmattan.

Chauvigné, C., Fabre, M., & Garnier A. (2023). L’éducation citoyenne : idéaux, modèles sous-jacents et réalité. Recherches & Education, 25.

Deslyper, R., Desmitt, C., Kechichian, S., & Michoux, C. (2025). L’Education toujours prisonnière de la forme scolaire. Enquête dans et aux frontières de l’école. Presses Universitaires de Lyon.

Fabre, M. (2019). Education et (Post) Vérité. L’épreuve des faits. Editions Hermann.

Lainé, M. (2025). L’ère de la post-vérité. Comment les algorithmes changent notre rapport à la réalité. Editions La Découverte.

Vincent, G. (1980). L’école primaire française. Etude sociologique. Presses Universitaires de Lyon.

Vincent, G. (1994). L’Education prisonnière de la forme scolaire ? Scolarisation et socialisation dans les sociétés industrielles.  Presses Universitaires de Lyon.

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